Daret, tontine : comment ça marche — et où tu en es vraiment
Avant ton tour, tu prêtes. Après ton tour, tu dois. Presque personne ne le voit.
Tu es dans une daret — une tontine, une jam'iya, selon le mot de chez toi. Douze personnes, une cotisation chaque mois, et à chaque tour quelqu'un repart avec la totalité. Tu paies sans y penser depuis des mois. Et si on te demandait, là, maintenant : est-ce que le groupe te doit de l'argent, ou est-ce que tu en dois au groupe ? — tu hésiterais. C'est normal : rien ne te le montre. Cet article répond à cette question précise, et à la seule autre qui compte vraiment : qu'est-ce qui se passe si quelqu'un s'arrête.
Une daret, en une phrase
Un groupe de personnes qui se connaissent met la même somme en commun à intervalle régulier, et la totalité de la cagnotte revient à un membre différent à chaque tour, jusqu'à ce que tout le monde soit passé1. C'est un mécanisme documenté partout dans le monde — les chercheurs le désignent sous le nom de rotating savings and credit association, et le retrouvent sous des noms différents sur chaque continent : tontine au Sénégal, chit fund en Inde2.
Rien n'est facturé pour l'attente, et rien n'est versé pour la patience : dans la forme la plus répandue — celle où l'ordre de passage est fixé d'avance ou tiré au sort — chacun met la même chose et repart avec la même chose2. C'est important pour la suite, parce que c'est ce qui rend la daret lisible : sur un cycle complet, tu ne paies rien de plus que ce que tu reçois.
Note pour les lecteurs en France : le mot « tontine » désigne aussi, chez un notaire ou un assureur, un tout autre montage (une clause d'acquisition en commun, ou un placement collectif à terme). Cet article ne parle pas de ça. Il parle de la tontine entre amis, entre collègues, en famille.
Le truc que personne ne te dit : tu changes de côté
Voilà ce qui rend une daret difficile à lire, et c'est précis : tu n'occupes pas la même position du début à la fin.
- Avant ton tour, tu as versé des cotisations et tu n'as rien reçu. Le groupe te doit cet argent. Tu es, très exactement, créancier.
- Le mois de ton tour, tu reçois la cagnotte entière — bien plus que ce que tu as versé jusque-là.
- Après ton tour, tu continues de payer pour un pot que tu as déjà encaissé. Tu es désormais débiteur du groupe, et ta dette diminue à chaque cotisation.
Deux personnes dans la même daret, le même mois, peuvent donc être dans des situations opposées. C'est pour ça qu'un simple « je paie 700 par mois » ne dit rien de ta situation réelle.
Ta position, mois par mois
Prenons la daret la plus courante au Maroc : 12 membres, 700 dirhams par mois — c'est le repère que Namup propose par défaut. La cagnotte fait donc 8 400 dirhams, et disons que ton tour tombe au 5ᵉ mois.
| Mois 1 — tu as versé 700 | le groupe te doit 700 |
| Mois 4 — tu as versé 2 800 | le groupe te doit 2 800 |
| Mois 5 — ton tour : tu reçois 8 400 | tu dois 4 900 |
| Mois 8 — tu as versé 5 600 en tout | tu dois 2 800 |
| Mois 12 — cycle terminé | 0 — tout est soldé |
Refais le calcul de tête, il est simple : à tout moment, ta position, c'est ce que tu as reçu moins ce que tu as versé. Au mois 5 : 8 400 reçus − 3 500 versés = 4 900 que tu dois encore. Au mois 8 : 8 400 − 5 600 = 2 800. Et à la fin, 8 400 − 8 400 = zéro. Tu n'as ni gagné ni perdu un dirham — tu as déplacé de l'argent dans le temps, et c'était tout l'intérêt.
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Alors, est-ce que j'y gagne ?
Pas en argent. Sur un cycle complet, tu récupères exactement ce que tu as mis. Une daret n'est pas un placement : elle ne produit aucun rendement, et si tu passes en dernier, tu as immobilisé ton argent pendant presque un an pour rien de plus.
Ce qu'elle t'apporte est ailleurs, et c'est réel : elle force la régularité — la pression du groupe fait ce qu'aucune application ne fera jamais — et elle te donne accès à une grosse somme d'un coup, à un moment où tu ne l'aurais pas eue autrement, sans passer par un crédit et sans rien payer de plus. C'est la raison pour laquelle des millions de foyers dans le monde s'y fient depuis des générations.
Mais dis-le-toi clairement, surtout si tu hésites à en rejoindre une : la cagnotte que tu reçois n'est pas un gain, c'est une avance. Tu la rembourseras jusqu'au dernier mois du cycle. Une daret n'est pas une façon d'avoir de l'argent qu'on n'a pas — c'est une façon d'organiser de l'argent qu'on aura.
Le vrai risque : celui qui a pris le pot et s'arrête
C'est le sujet dont on parle le moins, et c'est le seul qui peut te coûter.
Tant que personne n'a rien reçu, une daret ne risque presque rien. Le déséquilibre naît après les premiers tours : quelqu'un qui a déjà encaissé la cagnotte et qui cesse de cotiser part avec de l'argent qui appartient aux autres. Et ce sont ceux qui n'ont pas encore eu leur tour qui absorbent la perte — c'est-à-dire, précisément, ceux qui avaient déjà tout versé sans rien recevoir.
Trois choses réduisent ce risque, et elles n'ont rien de technique : un groupe où chacun connaît vraiment les autres (c'est la garantie, il n'y en a pas d'autre) ; un ordre de passage décidé au départ et écrit, plutôt que renégocié au fil des besoins ; et une taille raisonnable — plus le cycle est long, plus il y a de mois pendant lesquels une vie peut basculer.
Et le corollaire honnête : ce que tu engages dans une daret, ce n'est pas de l'argent que tu peux récupérer sur un coup de tête. C'est un engagement de la durée du cycle. Traite-le comme tel dans ton budget — au même rang que ton loyer, pas comme une envie du mois.
Ce qu'en disent les chercheurs
Le mécanisme est étudié sérieusement depuis longtemps, et pas comme une curiosité. L'article de référence en économie — Timothy Besley, Stephen Coate et Glenn Loury, dans l'American Economic Review de septembre 1993 — analyse ces associations comme une institution financière à part entière, observée dans le monde entier2. Leur conclusion utile pour toi : la forme à ordre fixe ou tiré au sort, la plus répandue, permet à chaque membre d'atteindre un achat important plus tôt qu'en épargnant seul dans son coin. C'est exactement l'usage que tu en fais.
Une nuance qu'ils apportent et qu'il serait malhonnête de taire : il existe aussi des daret aux enchères, où l'on peut obtenir un tour plus tôt en s'engageant à verser davantage. Là, un prix apparaît — implicite, mais réel2. Si ta daret fonctionne ainsi, tu ne mets pas exactement la même chose que les autres, et il faut le savoir.
La Banque mondiale, de son côté, décrit le mécanisme dans les mêmes termes que ta grand-mère : on met en commun les dépôts des membres, et l'ensemble revient à un membre différent à chaque tour1.
« Est-ce du riba ? » — les avis, sans trancher à ta place
C'est la question qui revient dans chaque cercle. Notre rôle ici est d'exposer, pas de trancher.
La position des grandes instances de fatwa consultées : ce n'est pas du riba. L'argument tient au mécanisme lui-même — chacun verse la même somme, chacun reçoit la même somme, personne ne rend plus qu'il n'a pris. Le Conseil des grands oulémas d'Arabie saoudite s'est prononcé en ce sens à la majorité de ses membres, lors de sa 34ᵉ session tenue à Taëf du 16 au 26 safar 1410 H. (septembre 1989) ; l'avis est publié dans la revue du Conseil, sans numéro de décision. Dar al-Iftaa d'Égypte y voit un prêt sans contrepartie : « le bénéfice qui s'y trouve ne revient à aucun participant en particulier, mais à l'ensemble des participants ». Le Département des fatwas de Jordanie va dans le même sens : les membres entrent « par entraide, solidarité et coopération », et non par un contrat de prêt. Le Centre de fatwas des Awqaf du Qatar conclut de même. Le cheikh Ibn Uthaymin a résumé cette position par une image simple : il a prêté mille, il a reçu mille3.
La position minoritaire : c'en est. Minoritaire ne veut pas dire marginale. Le cheikh Salih al-Fawzan — membre de ce même Conseil des grands oulémas — y voit « un prêt qui en tire un autre » : on ne prête que parce qu'un prêt reviendra. Sa position nous est connue par un rapport de presse de 2014, sa source imprimée n'ayant pu être consultée. Au Maroc, le juriste Mohamed Taouil jugeait la daret non permise, au motif d'un prêt conditionné à un prêt. Le fondement est une règle bien connue des juristes : tout prêt qui procure un avantage au prêteur est du riba. Et le point de leur objection n'est pas le montant — il est égal de part et d'autre — mais la condition4.
Une troisième position, et c'est celle qui concerne directement un lecteur de tradition malikite : l'interdiction sur le principe, la dispense pour le besoin. Dar al-Iftaa de Libye — pays de tradition malikite, comme le Maroc et le reste du Maghreb — rattache aux malikites l'interdiction, puis accorde une dispense au motif du besoin (sa formulation nous est connue en substance, non mot à mot). Autrement dit, sur cette lecture de l'école : la permission n'est pas le point de départ — c'est une dispense, qui lève la gêne sans annuler le principe. Et une dispense accordée pour le besoin est liée à ce besoin : à qui n'en a pas, le principe reste opposé5.
Au Maroc, aucune instance officielle n'a tranché. Nous avons parcouru le corpus de fatwas archivé en ligne du Conseil supérieur des oulémas ainsi que le site du ministère des Habous : aucun avis institutionnel ne porte sur la daret en tant que mécanisme d'épargne. Attention à un faux positif : il existe bien une fatwa officielle portant le mot « qurʿa » — et comme la daret est elle aussi appelée « la qurʿa » au Maroc, la confusion est immédiate. Mais elle porte sur l'attribution des places de pèlerinage quand les candidats dépassent le quota, et non sur l'épargne tournante ; son unanimité, en 2006, ne dit donc rien de la daret. Parmi les voix marocaines individuelles, le désaccord est réel : Ahmed Raissouni la juge permise, Rachid Benkiran, prédicateur, va dans le même sens, tandis que Mohamed Taouil jugeait la daret non permise, y voyant un prêt conditionné à un prêt, ce qui rejoint l'avis rapporté comme retenu chez les malikites6.
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Comment Namup la traite
Dans Namup, une daret n'est pas une dépense de plus. Elle est modélisée pour ce qu'elle est : un engagement à 0 %, avec sa cotisation mensuelle réservée dans tes obligations — au même rang que ton loyer, dans la même soustraction unique que tout le reste (revenus − obligations − épargne = ton Disponible).
Et surtout, ta position réelle apparaît telle qu'elle est à l'instant où tu regardes : une créance tant que tu n'as pas eu ton tour, un engagement qui diminue une fois le pot encaissé. C'est ce qui empêche ton patrimoine de te mentir — sans ça, tu peux te croire plus pauvre de plusieurs milliers de dirhams que tu ne l'es réellement, pendant des mois.
Ce que Namup ne fait pas, et ne prétend pas faire : gérer la daret elle-même. Pas de gestion des membres, pas de rappels au groupe, aucun mouvement d'argent. Ton argent ne passe jamais par nous. Namup modélise ta daret pour que ton plan dise la vérité ; c'est toi et ton groupe qui la faites tourner, comme depuis toujours.
Trois choses qui font sortir la daret de sa forme simple — et où se situe Namup
Des avis existent sur chacune des trois. Voici, pour ce qu'elle vaut, la position de Namup — un choix de produit, pas une réponse à ces avis :
- des frais qui varient selon le rang de ton tour — payer davantage pour passer plus tôt, c'est acheter une place dans l'ordre ;
- une commission perçue en échange d'une garantie contre la défaillance d'un membre — le Centre de fatwas des Awqaf du Qatar a posé en mai 2025 que la garantie n'est pas un objet de profit — c'est de cette règle que relève le cas (fatwa 512338)7 ;
- un changement d'ordre décidé sans l'accord de tous.
Et cela ne règle pas la question. L'objection de la position minoritaire ne porte ni sur les frais ni sur la garantie — elle porte sur la forme simple elle-même, celle que Namup enregistre. Aucun réglage de produit n'y répond à ta place.
Sur le plan comptable seulement, voici ce que fait Namup : ta daret est enregistrée comme une dette à 0 % — la cotisation devient une obligation de ton mois, la cagnotte un encaissement, et la ligne de taux affiche 0 %, reflet de ta position mois après mois. Ce zéro décrit le montant, pas le jugement. Namup tient le registre : il ne collecte pas l'argent, ne garantit personne et ne prélève aucun frais.
Le jugement te revient. Ce qui précède est exactement ce qu'il faut apporter à la personne dont tu suis l'avis, et quatre points suffisent à poser la question complètement : le montant est le même pour tous, l'ordre est fixé au départ, personne ne prélève rien au passage — et chacun ne verse qu'en sachant qu'un tour lui reviendra. C'est ce dernier point, pas le montant, que retient la position minoritaire.
Questions fréquentes
C'est quoi exactement une daret ?
Un groupe de personnes qui se connaissent verse la même somme à intervalle régulier, et la cagnotte entière revient à un membre différent à chaque tour, jusqu'à ce que tout le monde soit passé. Selon les pays et les langues on l'appelle tontine, jam'iya, ou chit fund — c'est le même mécanisme. Sur un cycle complet, chacun verse et reçoit le même montant.
Est-ce que je gagne de l'argent avec une daret ?
Non, et il faut être net là-dessus : sur un cycle complet tu récupères exactement ce que tu as versé. Ce n'est pas un placement et ça ne rapporte rien. Ce que ça t'apporte, c'est la régularité — l'engagement envers le groupe tient mieux qu'une bonne résolution — et l'accès à une grosse somme d'un coup sans passer par un crédit.
Vaut-il mieux passer tôt ou tard dans le tour ?
Ça dépend de ce dont tu as besoin, pas de ce qui « rapporte » : dans une daret à ordre fixe, la somme est identique quelle que soit ta place. Passer tôt te donne l'argent avant de l'avoir entièrement versé — utile si tu as une échéance datée. Passer tard te fait épargner d'abord et encaisser ensuite, ce qui est plus prudent mais immobilise ton argent plus longtemps. Le vrai arbitrage est là, et il t'appartient.
Une daret, c'est une dette ou une épargne ?
Les deux, l'une après l'autre — et c'est tout le sujet de cet article. Avant ton tour, c'est de l'épargne engagée : le groupe te doit ce que tu as versé. Après ton tour, c'est un engagement à 0 % que tu rembourses jusqu'à la fin du cycle. C'est pour ça qu'un seul chiffre ne peut pas décrire ta daret, et qu'il faut regarder ta position au mois où tu es.
Que se passe-t-il si quelqu'un arrête de payer ?
C'est le risque principal, et il est concentré sur ceux qui n'ont pas encore reçu leur tour : quelqu'un qui s'arrête après avoir encaissé la cagnotte part avec de l'argent qui appartient aux autres. Il n'existe aucune garantie formelle — la seule protection réelle est la qualité du groupe, un ordre de passage fixé et écrit dès le départ, et un cycle qui ne s'éternise pas.
Namup peut-il gérer ma daret avec mes amis ?
Non. Namup la modélise dans ton plan — la cotisation dans tes obligations, ta position réelle à chaque instant — mais ne gère ni les membres, ni les rappels, ni les paiements, et ton argent n'y transite jamais. La daret continue de tourner entre vous, comme toujours ; nous nous occupons seulement de dire la vérité sur ce qu'elle représente dans ton budget.
En une phrase
Une daret ne te fait ni gagner ni perdre de l'argent : elle le déplace dans le temps, et te fait passer de créancier à débiteur au milieu du chemin. Le jour où tu vois de quel côté tu es, tu sais enfin où tu en es.
- Définition institutionnelle : une association rotative d'épargne et de crédit « met en commun les dépôts de ses membres et remet la somme entière à un membre différent à chaque tour » (Banque mondiale / IFC, note Global Findex, données 2017). Les chiffres de prévalence de cette note portent sur l'Afrique subsaharienne. ↩
- Timothy Besley, Stephen Coate et Glenn Loury, « The Economics of Rotating Savings and Credit Associations », American Economic Review 83(4), septembre 1993, p. 792-810 — l'article de référence, qui analyse « un type d'institution financière observé dans le monde entier » et cite notamment les tontines du Sénégal et les chit funds indiens. Ce sont eux qui distinguent les formes à ordre fixe ou aléatoire (les plus répandues) des formes aux enchères, où un tour plus précoce s'obtient en s'engageant à verser davantage. Référence. ↩
- Conseil des grands oulémas (Arabie saoudite), 34ᵉ session, Taëf, 16-26 safar 1410 H. (septembre 1989) — avis rendu à la majorité, sans numéro de décision publié ; texte dans Majallat al-buḥūth al-islāmiyya nº 27, p. 349-350, reproduit ici · Dar al-Iftaa d'Égypte, fatwa 8397 (2 juillet 2024) · Département des fatwas de Jordanie, fatwa 2663 (3 septembre 2012) · centre de fatwas des Awqaf du Qatar, fatwa 1959 (27 rajab 1420 H. / 5 novembre 1999) · Muhammad ibn Salih al-Uthaymin (Ibn Uthaymin), al-Liqāʾ al-shahrī nº 9 (paraphrase du passage tel qu'il est transcrit). ↩
- Salih al-Fawzan, propos rapportés par le quotidien Al-Eqtisadiah, 11 juin 2014 — sa position est connue par ce rapport de presse, sa source imprimée n'ayant pu être consultée · Mohamed Taouil, propos rapportés par Hespress, 12 janvier 2020. ↩
- Dar al-Iftaa de Libye, fatwa 5429 (1445 H. / 2023-2024). La reconnaissance de l'avis malikite y est rapportée en substance, non citée mot à mot. ↩
- Absence vérifiée : dépouillement de l'intégralité du corpus de fatwas archivé du Conseil supérieur des oulémas et du site du ministère des Habous, sans aucun résultat portant sur la daret comme mécanisme d'épargne. La fatwa officielle sur le tirage au sort concerne l'attribution des places de pèlerinage (3ᵉ session ordinaire, rabīʿ I 1427 H. / avril 2006, adoptée à l'unanimité). Voix individuelles marocaines : Ahmed Raissouni · Rachid Benkiran. ↩
- Centre de fatwas des Awqaf du Qatar, fatwa 512338, 9 dhū al-qiʿda 1446 H. / 6 mai 2025 — la garantie n'est pas un objet de profit. ↩